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Série "à l'université" - maîtriser son trac

L’université est un monde particulier et rempli de nouveautés. Pour Camille,“la vie à la fac c’est super intéressant parce que tu découvres de nouvelles personnes, de nouveaux lieux, de nouveaux cours, un nouveau cadre… J’ai vraiment passé une année enrichissante même si c’était parfois fatiguant”.


Cependant, plus d’un étudiant sur deux ne passe pas en 2ème année. Pour les chercheurs Julia Schmitz et co (2010), les étudiants souffrent de 3 types de précarité : “économique (contrats précaires, travail alimentaire, faible rémunération, difficulté à régler les dépenses), sociale (vie sociale et familiale) et psychologique (épuisement, stress, stigmatisation)”.


Etudiants de l'université, nous avons rédigé une petite série d’articles qui pourront vous être utiles pour vaincre ces différents types de précarité. Nous c’est Maëlys Sur, étudiante en sciences de l’éducation, et Florine Niant, professeur dans l’enseignement supérieur et coach professionnelle certifiée 😊.


Dans cet article, nous allons vous donner quelques pistes pour vous aider à maîtriser votre trac (quand il s'agit de parler aux autres, de présenter un exposé à l’oral…).



Si vous nous lisez, c’est qu’il vous est peut-être déjà arrivé de vous retrouver face à un public, terrifié.e à l’idée de devoir parler. Transpirant.e, le coeur battant anormalement vite, les joues rouges, vous aviez chaud… Cette peur de l’oral est très répandue. Dans les cas extrêmes on appelle cela “anxiété/phobie sociale”.


Cette peur peut avoir deux conséquences à l’université.


D’abord une conséquence sociale : il peut paraître compliqué de se faire des amis à l’université (cf. notre article sur le sujet). Avoir peur du regard des autres peut être handicapant, parfois encore plus qu’au lycée…


Par ailleurs, dans certaines filières, les oraux sont très fréquents. Pour certains, l’angoisse provoque rougissements, tremblements ce qui est gênant et empêche de “décoller le nez de ses notes”. Dans la classe de Camille “certaines personnes ne sont pas venues aux oraux, du coup ils ont eu 0”.



Alors, comment faire pour limiter le trac et se valoriser auprès des professeurs et des nouvelles personnes rencontrées à l’université ?


Tout d'abord, pour la psychologue Marie-José Sibille (2009), L’anxiété peut venir d’un événement antérieur (parent anxieux ou très protecteur, humiliation de la part de professeurs ou de camarades etc…). Identifier d’où vient cette peur des autres pourrait déjà vous aider à relativiser et à avancer.


Par ailleurs, pour le psychologue Bandura (1997), une bonne confiance en soi est primordiale. Voici quelques petits conseils à appliquer à votre entrée à l’université et dans votre vie de tous les jours pour progresser sur ce point…


1. Apprenez à gérer la tonalité de votre voix : que ce soit lors d’un exposé, pour vous exprimer en classe, ou simplement lorsque vous rencontrez de nouvelles personnes, pensez à toujours parler de manière audible ! De la sorte, même si vous ne semblez pas vraiment sûr de vous, tout le monde pourra vous comprendre...


2. Pensez à votre regard : à l’oral, en classe, essayez de détacher les yeux du sol ! Il peut être délicat de regarder des inconnus dans les yeux… Le plus facile est alors de regarder un ami, une personne que vous appréciez. Ceci pourra aider à vous mettre à l’aise ! Manon utilise cette technique : “Moi dans un exposé j’ai besoin d’avoir le soutien de mes amis, ou quand je n’en ai pas dans le TD, de quelqu’un que je connais, ça m’aide et je me sens plus en confiance”.


3. Pensez à sourire : à l’université, personne ne se connait ! vous n’avez pas d’étiquette… Il sera donc finalement plus facile d’être vraiment vous-même. Si vous ne vous sentez pas à l’aise pour parler, vous pouvez commencer par sourire aux personnes que vous croisez. Avec un peu de chance, ceux-ci vous souriront à leur tour et vous serez plus en confiance pour commencer une conversation !


3. Intéressez vous aux autres, posez des questions : quand on est timide, on ne sait parfois pas comment engager la conversation. Plutôt que de rester muet, il peut être intéressant de commencer par poser des questions aux autres ! Cela vous permettra de créer du lien sans faire des efforts surhumains ! Avec un peu de chance votre interlocuteur vous retournera la question. Il sera alors facile de savoir quoi répondre.


4. Trouvez des personnes avec lesquelles vous êtes à l’aise : à l’université, comme partout, les profils sont très différents et tous intéressants ! Mais pour vous sentir à l’aise peut être pourriez-vous vous inscrire dans un club ou vous investir dans une association qui vous tient à coeur ! Il est moins intimidant de débuter une conversation avec une personne quand on a un point ou un centre d’intérêt en commun. (cf notre article : “trouver des amis parmi une foule d’inconnus”)



Nous espérons que ces quelques lignes vous ont donné des pistes pour avancer et nous vous donnons rendez-vous dans les autres articles de notre série !


Maelys Sur et Florine Niant



Sources :

- www.anxietesociale.org

- Sibille, M. (2009). La peur de l'autre : quand la différence devient menace : Anxiété et phobie sociales, des handicaps possibles à transformer. Dans : Joyce Aïn éd., Identités (pp. 79-96). Toulouse, France: ERES. doi:10.3917/eres.ain.2009.01.0079.

- Boisvert, J.-M. et Beaudry, M. (1979), S’affirmer et communiquer, Montréal, Éditions de l’Homme.

- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control

-https://www.aide.ulaval.ca/psychologie/textes-et-outils/difficultes-frequentes/l-anxiete-sociale-ou-la-peur-des-autres/ : article rédigé pas Louise Careau, psychologue