Série "à l'université" - gérer son travail en autonomie

L’université est un monde particulier et rempli de nouveautés. Pour Camille,“la vie à la fac c’est super intéressant parce que tu découvres de nouvelles personnes, de nouveaux lieux, de nouveaux cours, un nouveau cadre… J’ai vraiment passé une année enrichissante même si c’était parfois fatiguant”.


Cependant, plus d’un étudiant sur deux ne passe pas en 2ème année. Pour les chercheurs Julia Schmitz et co (2010), les étudiants souffrent de 3 types de précarité : “économique (contrats précaires, travail alimentaire, faible rémunération, difficulté à régler les dépenses), sociale (vie sociale et familiale) et psychologique (épuisement, stress, stigmatisation)”.


Etudiants de l'université, nous avons rédigé une petite série d’articles qui pourront vous être utiles pour vaincre ces différents types de précarité. Nous c’est Maëlys Sur, étudiante en sciences de l’éducation, et Florine Niant, professeur dans l’enseignement supérieur et coach professionnelle certifiée 😊.


Dans cet article, nous allons vous donner quelques pistes pour vous aider à vous responsabiliser.

L’université offre une grande autonomie aux étudiants ! Selon Benjamin : “personne ne va nous pousser à travailler, on fait ce qu’on veut, on a notre destin en main [...] on construit notre propre parcours”.

Manon nous confie “il n’y a pas de cadre du tout, les profs ne connaissent même pas nos prénoms”.


Le nombres d’heure de cours est fortement réduit par rapport au lycée et les cours magistraux ne sont pas obligatoires. Le fossé est si grand par rapport à l’enseignement secondaire que ces libertés nouvelles peuvent rapidement devenir problématiques pour les nouveaux étudiants.


Les méthodes de travail changent elles-aussi… Benjamin regrette de ne pas avoir eu d’explication sur les méthodes à employer à l’université “on n’a pas eu de cours sur les méthodes de travail ; tu peux travailler beaucoup et avoir de mauvaises notes alors que si tu as la bonne méthode ça peut aller très bien”.



D’après les chercheurs Bruno SIRE et Corinne MASCALA, les élèves s'approprient bien moins leurs cours magistraux que leur travaux dirigés car les premiers ne sont pas obligatoires. Pour eux, internet et les cours mis en ligne par les étudiants eux-mêmes donnent l’illusion qu’il n’est pas indispensable de se rendre en cours. Pourtant, si le cours n’est pas obligatoire, il est néanmoins capital au sein de la formation. Les élèves “décrocheurs” ne trouveront plus la motivation de retourner en cours magistral après avoir manqué plusieurs CM et devront apprendre leurs cours sur les notes des autres.



Voici quelques conseils pour vous aider à développer votre autonomie et votre sens des responsabilités :


- Préparez vous pendant l’été (OK, ce conseil arrive un peu tard pour ceux qui liront notre article cette année 😉) : Certaines universités proposent des universités d’été (cf : université de Toulouse). Pour les chercheurs Bruno SIRE et Corinne MASCALA (2016), ceci peut être une première approche moins angoissante et avec moins d’enjeux qu’une rentrée classique directement dans le “grand bain” de l’université. Si vous ne pouvez pas vous inscrire dans ce type de cursus, vous pouvez toujours commencer à lire des cours ou demander des conseils avant d’arriver en cours. Ce premier conseil vaut particulièrement pour les étudiants issus de filières technologiques ou professionnelles, qui statistiquement connaissent les taux d’échec à l’université les plus importants.


- Commencez à réfléchir à votre projet professionnel et déterminez votre parcours universitaire : avoir un objectif à atteindre vous donnera une vraie motivation pour étudier. Parfois, parce que vous comprendrez que les cours vous seront utiles dans votre futur métier. Parfois, aussi, parce que de bonnes notes (même dans les matières qui vous intéressent moins…) et un diplôme vous permettront d’accéder à votre projet. Parfois, enfin, pour certains, parce que cela vous permettra de réaliser que vous n’avez pas choisi la bonne filière et que votre manque de motivation vient peut-être d’une mauvaise orientation. Dans ce dernier cas, nous vous conseillons de réagir rapidement et de vous faire accompagner dans cette période de transition.


- Allez en CM : même si d’autres personnes prennent des notes pour vous, il est important d’aller en cours. Il est difficile d’avoir la motivation de rattraper les cours sur le moment et les personnes qui manquent les amphis perdent le fils du cours (et mettent parfois beaucoup de temps à rattraper les wagons…).


- Travaillez de manière régulière : relire ses cours régulièrement après et avant chaque CM est important pour ne pas se laisser déborder. S’imposer des deadlines pour les dossiers écrits peut aussi être une bonne technique.

Pour Benjamin, “travailler en se faisant des fiches régulièrement permet d’être moins stressé.e et d’avoir l'esprit plus clair” .

Pour Alice : “je détermine des tâches à réaliser chaque jour et je m’impose des deadlines pour mes dossiers en TD parce qu’on en a plein à faire, donc c’est facile de se laisser déborder”.



Nous espérons que ces quelques tuyaux vous permettront de réaliser que c'est à vous de prendre votre vie en main et que vous pouvez y arriver !!!



Source :

2016. Sur la formation des juristes en France (IV). Commentaire, numéro 153(1), 150-160. doi:10.3917/comm.153.0150.

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